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Une brève histoire du vin en Anjou.

Cette brève histoire du vin en Anjou commence en Gaule ou en Gaules, on peut dire les deux, aux temps illustres de nos irréductibles Gaulois. À cette époque, l’Anjou n’est pas encore l’Anjou. Le territoire qui le deviendra est alors sous la domination des Andécaves. Un oppidum, une fortification gauloise ou un village gaulois se dresse fièrement à l’emplacement du château d’Angers. On l’a retrouvé en 1870. Depuis lors, on n’en sait un peu plus sur les pratiques culturelles régionales.

Rendre à César ce qui appartient à César.


« Vive le vieux vin de vigne, Le vieux vin gaulois ! »

Dans une certaine bande dessinée qui fait autorité en culture populaire gauloise, bière et cervoise à coulent flot dans un certain village. Quid du vin ? Le bien joli chant scout se trompe à ce sujet en disant : « Mieux que bière ou vin de pomme, Mieux vaut vin gaulois ! » La triste vérité est que le vieux vin gaulois n’existe pas ! Du moins en ce qu’il s’agit de produire le vin. Chez les Gaulois on produit bière et vin de pomme. Cette consommation prestigieuse est l’apanage des aristocrates d’alors. Le vin est importé par galères d’Italie. La Méditerranée c’est la mère de la culture de la vigne, pour les Romains la mer de sa glorieuse expansion. Les bateaux remontent le Rhône et la Loire et, moyennant sesterces, c’est ainsi que le vin arrive chez les Andécaves. Ce qui en fait une boisson bien difficile à acquérir. Ça va de pair rare et cher, les choses n’ont pas tellement changé depuis nos aïeux.

Alors le vin est un privilège chez les Gaulois, on l’importe, on le consomme, on l’apprécie, mais on ne cultive pas la vigne. Pas de vin gaulois !… Jusqu’à Alésia. Vercingétorix le puissant chef de guerre et dernier chevelu réfractaire est défait en -52 av. J.-C.. César soumet la Gallia comata (la Gaule chevelue), et la Gaule se romanise. Les us et coutumes romains raffinent les goûts gaulois. L’ère gallo-romaine est la naissance de la viticulture angevine.

L’ère gallo-romain.

Durant l’Antiquité, les Romains boivent beaucoup de vin. Un litre, environ, par jour d’après le professeur André Tchernia. Malgré cette consommation quotidienne, ils nous regarderaient d’un drôle d’œil en nous voyant boire de nos jours. Eux diluent beaucoup le vin, un tiers pour deux tiers d’eau, pour aseptiser l’eau sale. L’ivresse est considérée comme un vice immonde. Seuls les barbares, les décadents boivent le vin pur. 

Mais revenons en Gaule. Les Romains développent rapidement la viticulture sur leur territoire et les néo-Romains s’accoutument bien à ces changements. À ce moment, l’histoire d’Anjou et de Touraine conflue. Vidubium en main, une serpette, les Andécaves romanisés cueillent et entretiennent des vignes. À presse de pied, ils récupèrent le jus des raisins avant de la faire fermenter dans des doliums, une jarre immense d’environ 3000 litres. Ces doliums viennent vraisemblablement des ateliers de fabrication d’amphores vinaires de Touraine.

Désormais, les Gaulois peuvent boire leurs crus. Déjà adeptes du bon goût, ils font venir des vins d’Aquitaine, de Narbonnaise. Et même de bien plus loin encore de Maurétanie voir de Palestine. L’oppidum gaulois devient peu à peu ville romaine, et elle est baptisée Iuliomagus. Ainsi s’écoule cette époque relativement paisible jusqu’au 2e siècle de notre ère.

" Déjà adeptes du bon goût, ils font venir des vins d’Aquitaine, de Narbonnaise. Et même de bien plus loin encore de Maurétanie voir de Palestine. L’oppidum gaulois devient peu à peu ville romaine, et elle est baptisée Iuliomagus."

Les découvertes archéologiques.

Différents sites gaulois ont été découverts en Anjou. Victor Godard-Faultier sera le précurseur de l’archéologie moderne à Angers au 19e siècle. En ce qui concerne la viticulture chez les Gaulois, les indices sont assez maigres en Anjou. Quelques serpettes et des pépins de raisins du Ier et IIe siècles. C’est mince certes, les archéologues ont encore beaucoup à découvrir, mais ça n’est pas tout. Des fragments de dolium, ou encore ce qui semble être des pressoirs à Chênehutte-les-Tuffeaux ou des celliers.

C’est pourquoi notre travail de reconstitution cherche aussi du côté de la Touraine. Dans cette dernière, l’on a trouvé plus de vestiges, et la viticulture en Anjou est étroitement liée à la viticulture Tourangelle. Là-bas, on y a découvert des ateliers de fabrication d’amphores vinaires, c’est donc qu’il devait y avoir des vignes toutes proches. Dès lors, il apparaît très vraisemblable que les Angevins produisent leurs crus locaux en plus des vins importés. L’on a retrouvé à Angers des fragments d’amphore venant d’Aquitaine, de Narbonnaise et de bien plus loin encore, de Maurétanie et de Palestine (Alain FERDIERE, La viticulture gallo-romaine, dans Elisabeth ZADORA-RIO [dir.].

L’on peut être certain que les Gaulois consommaient du vin, et que la romanisation a permis l’essor de la viticulture dans notre région. Il reste cependant presque tout à découvrir concernant les origines de la viticulture angevine.

Pour conclure

Cette histoire du vin en Anjou a 2000 ans. Elle commence chez nos chers Gaulois à grand renfort de Romains. À l’instant où nous arrêtons cette première partie de l’histoire, une jeune secte commence à faire parler d’elle à Rome. Elle sera à l’origine de bouleversements majeurs en Occident. Et, nous le verrons, le vin tiendra une part essentielle dans cette histoire… « C’est un abbé d’Angers, dit-on//Qu’a l’nom de notre premier homme ; //Ils prétend’ qu’en buveur de vin,//Il surpass’ tous les Angevins… »(Chanson du père Adam 9esiècle).

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