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Où sont nos saisonniers ?

Chaque année en France 400 000 personnes se mobilisent pour les vendanges. Rien que dans le champenois, ils sont 300 000 à être attendus cette année d’après le JDD. C’est un rituel immuable presque sacré chez certains vendangeurs et qui attire toujours énormément de monde. Job idéal pour les étudiants et ouvert à toutes les personnes motivées, pourtant il est sans cesse plus difficile de trouver des saisonniers. Quelque 1400 offres sont à pourvoir sur Pôle emploi. Mais où sont donc passés les vendangeurs saisonniers ?

La situation :

Cette année a été marquée d’un ensoleillement d’une intensité rare. La sécheresse a des effets déplorables sur les vignes comme nous l’indiquions dans notre article  : la sécheresse et la vigne, mais pas seulement. Le soleil est nécessaire à la bonne maturation des raisins. Dans une certaine limite, plus il y aura du soleil, plus la maturation se fera vite et plus les baies seront sucrées. Ce fut le cas cette année et cela entraîne deux conséquences, un millésime exceptionnel pour bon nombre de régions et des vendanges précoces.

"Millésime exceptionnel et vendanges précoces"

Les vendanges précoces et les vacances :

C’est là que le bât blesse, trouver des saisonniers au milieu des vacances n’est pas simple. « Même si on essaie d’anticiper depuis le printemps, c’est beaucoup plus compliqué de trouver des travailleurs disponibles mi-août avec les vacances. » Confiait Dominique Furlan, président de la cave Louis-Vallon et producteur de crémant à Castillon-la-Bataille à Libération. Les vignerons s’arrangent alors cahin-caha. Les vendanges commencent avec plusieurs semaines d’avance, notamment dans le Layon, et le recrutement s’organise toujours plus tôt.

La crise du logement saisonnier

Une autre raison vient expliquer ce manque de main-d’œuvre, la « crise du logement saisonnier “. Durant l’été, les vacanciers remplissent les campings, les gîtes ou les maisons d’hôtes. Et si cela ne suffisait pas, les tarifs exercés pendant la haute saison sont prohibitifs pour un saisonnier. Bernard Farges, président du Comité national des interprofessions (Cniv) expliquait que : ‘le folklore du vendangeur qui dort dans une bâtisse du vignoble a disparu à cause de nouvelles contraintes’. 

Révolue l’époque des matelas de paille, des tentes, des nuits à la belle étoile et des douches au tuyau. Ce qu’elles perdent en charme et en authenticité, les vendanges le gagnent en confort. Il est vrai que le travail n’est pas simple, mais cela faisait partie du folklore, ‘à la rude !’. Des conditions d’hébergement ont été définies pour accueillir la main-d’œuvre la nuit. Et, l’administration contrôle les salles de bain, les cabinets de toilette, le nombre de lits par chambre, etc. Cela pour accueillir les vendangeurs dans des conditions plus ‘dignes’. Les vignerons doivent alors investir pour des hébergements qui ne serviront que quelques jours dans l’année. Certains le font, mais tous ne peuvent pas se le permettre.

D’autres s’adaptent : ‘Depuis deux ans, je loue des minibus pour récupérer mes vendangeurs chez eux et les amener au domaine. J’ai aussi acheté deux mobil-homes et deux caravanes pour loger une dizaine de personnes.’ Se félicite Raphaël Dubois, vigneron à Premeaux-Prissey (Côte-d’Or) dans les pages du JDD. In fine, l’on trouve toujours des solutions pour l’hébergement des saisonniers. C’est pourquoi chers étudiants, retraités, passionnés, volontaires, étrangers, pour peu que vous soyez motivés, vous serez les bienvenues. Il vous faudra travailler 35 h à 40 h par semaine. C’est un boulot physique et méticuleux, vous dormirez bien.

Les vendangeurs saisonniers

Il y a différentes conditions à remplir pour devenir vendangeur. En certains endroits, vous pourrez travailler dès 16 ans. Cependant, la plupart des vignerons préféreront que vous soyez majeur, idéalement avec un permis et une voiture. Mal de dos, mal aux mains, ampoules, crampes, ce travail n’est pas qu’une promenade de santé. Alors, vous devrez être capable de tenir physiquement pour remplir les différentes tâches que nécessitent les vignes. Ainsi, deux types de travail seront ouverts aux néophytes, et d’autres missions pourront être proposées aux habitués. 

Coupeur-cueilleur :

Armé de votre épinette (sécateur), il vous faudra couper soigneusement les grappes et les récolter dans un seau. Ce seau, il faudra ensuite le vider dans la hotte du porteur. Ce travail remonte à l’antiquité et est le plus fréquent dans les vignes. Il est proposé aux novices, et est relativement physique.

Porteur :

Grand maître de la hotte, c’est là le travail le plus éprouvant. Harnaché à votre gros panier, vous irez récupérer les grains récoltés par les coupeurs. Une hotte convenablement remplie pèse jusqu’à 50 kg sur vos épaules. Il vous faudra ensuite déverser le contenu de votre corbeille géante dans une benne. Ce n’est pas insurmontable, mais à la longue c’est difficile. Ce travail est ouvert aux novices, l’important c’est d’avoir une bonne condition physique.

Tailleur :

Plus technique que le reste, ce travail est réservé pour les plus aguerris.

D’autres emplois peuvent être proposés dans certaines exploitations. L’on cherchera alors des personnes polyvalentes pour conduire les tracteurs, des cuisiniers ou encore des aides-cavistes.

Quant au salaire, la tendance est à la hausse. Cette année, dans la majorité des cas il restera équivalent au SMIC. C’est-à-dire 11,06 € de l’heure (depuis mai 2022) et approximativement 50 à 65 euros par jour. La pénibilité du travail peut aussi jouer sur la rémunération, un porteur aura souvent un salaire majoré d’environ 15 %.

Le contrat de saisonnier ou l’intérim :

Le travail dans les vignes est très accessible. Deux types de contrats sont possibles. Le premier est le contrat de vendange, d’un mois au maximum. Il peut être renouvelé pour une durée totale qui n’excède alors pas 2 mois l’an. Que vous soyez salariés du privé ou du public, vous pourrez être embauchés. Si vous êtes en congés payés, un contrat de vendange peut vous être octroyé à titre dérogatoire avec l’accord de votre employeur. De la même façon, les agents publics peuvent, dans le cadre d’un contrat de vendange et avec l’accord de l’employeur, faire les vendanges.

Pour permettre aux vignerons d’embaucher sur des périodes plus longues que le contrat de vendange, il leur est possible de recourir à l’intérim. Les salaires sont identiques pour les deux contrats. Cependant, l’intérim présente aussi quelques avantages en fonction de votre situation (services, protection, etc.). Vous les trouverez sur le site spécialisé fastt.org.

Pour conclure

Être saisonnier et participer aux vendanges est une expérience particulière et enivrante. L’ambiance y est chaleureuse, une saveur particulière se dégage des vignes et vous apprendrez beaucoup sur le métier de vigneron. Il s’agit donc d’un job parfait pour les étudiants, les passionnés et les curieux. Une à deux semaines suffiront selon les parcelles. Trouvez celle qui vous conviendra le mieux ; on vous accueillera !

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